Un 9e rendez-vous à La Chasse-Galerie pour Lynda Lemay
Si la belle Lynda a su se faire adopter par bon nombre de Français, ce n’est pas faute d’aimer son pays. C’est donc par une déclaration d’amour qu’elle est entrée sur scène avec une toute nouvelle chanson qui figurera sur son prochain album prévu pour septembre : « Dans mon pays ». Un hymne à l’amour qu’on pourrait très bien retrouver sur la liste des chansons hommages au Québec tant l’éloge aux saisons donne le goût de la Belle province. Un texte tendre incluant une finale où s’entremêle les airs les plus populaires de nos grands auteurs : Charlebois, Leclerc, Vigneault, Lévesque.
La chanteuse au regard lumineux aurait pu, tout comme Marie-Josée Croze, s’établir en France pour y poursuivre sa carrière. Sa popularité ne se dément pas dans l’Hexagone où les cousins Français, comme pour Félix avant elle, ont salué son immense talent d’auteure bien avant ses compatriotes.
Mais ce temps est loin derrière elle. La petite fille de Portneuf s’est même offert la plus grande scène de 2008 à l’occasion des festivités du 400e de Québec en compagnie de son mentor, Charles Aznavour. Un premier spectacle avec le plus romantique des Français qui avait été séduit par la verve de mademoiselle Lemay au Festival de Montreux, en 1996.
« C’était ma première fois sur les Plaines », lance spontanément Lynda, en entrevue, juste après sa répétition, vendredi. La fierté s’entend dans sa voix, mais la prétention en est absente. Qu’importe, les Plaines ou La Chasse-Galerie c’est un peu la même chose pour Lynda. Une scène, c’est d’abord un rendez-vous avec des gens qui l’aiment.
Québec, c’était un rendez-vous avec Aznavour mais également un retour aux sources. « J’ai fait mes études à Sainte-Foy. J’ai eu mon premier emploi à Québec. À 20 ans, quand j’allais voir les shows de Bigras, de Bob Walsh, j’étais loin de m’imaginer que je monterais un jour sur scène », se souvient-elle.
Ce qui n’empêche pas Lynda d’adorer se produire sur une petite scène comme celle de Lavaltrie. Chanter, se raconter devant des gens assis devant soi et dont on voit réellement le visage, c’est autre chose.
Impossible de tricher. « C’est toujours un défi à relever d’être toute nue sur scène. On est dans la même émotion que les spectateurs, on le constate. On se rend compte que les gens sont touchés par les mêmes choses que nous. » La populaire chanteuse apprécie l’ambiance conviviale qui entoure son show. « J’aime ça ici. C’est un cadeau que je me fais en venant à Lavaltrie. Après le show, on ne va pas se coucher tout de suite. On va manger ensemble, toute l’équipe. » En 19 ans de carrière, Lynda Lemay a sorti dix albums et signé quelque 150 chansons. « Oh, bien plus », fait-elle remarquer. En fait, elle raconte des histoires. Et en racontera encore. Son secret pour être à ce point féconde ? « Je suis très empathique. En trois mots, quelqu’un peut me communiquer quelque chose. » Intéressée par les gens, Lynda les observe. Peu importe où. Une inconnue dans une salle de bain, lors d’une brève rencontre…Puis, elle aime dire tout haut ce que beaucoup n’osent pas dire. Et cela donne parfois des textes amusants comme celui de la future maman sur le point d’accoucher…sans médecin.
Lynda a ce talent singulier que de donner la parole au plus invisible des individus. Particulièrement touchante, sa chanson« Anne » nous plonge au cœur des émotions d’un handicapé comme peu l’ont fait avant elle.
Et c’est ainsi que pendant toute une soirée, les spectateurs font le tour de tous les aléas de la vie quotidienne sans s’ennuyer une seconde. Tantôt cocasse, tantôt profonde, simple mais efficace, la poésie de Lynda Lemay restera un trésor à découvrir au fil du temps.
Toute gloire ayant sa rançon, Lynda Lemay confie travailler beaucoup. Un public européen, un public québécois, une famille qu’il n’est pas question de mettre de côté pour la carrière, voilà qui demande une énorme organisation….dont elle s’occupe presque seule. Munie d’un Blackberry, Lynda répond à ses courriels et négocie ses contrats elle-même. Elle délègue quelques tâches à ses collaborateurs, mais voit à tout.
Et comme le souligne le chanteur de slam français, Ami Karim, venu voir son spectacle : « Elle va au fond des choses, elle vit ses chansons sur scène. Moi, j’adore. Lynda Lemay, c’est l’une des plus belles plumes de la langue française. ».
(Photo:Roger Lacoste) Par a-b-c-lynda-lemay, Lundi 28 Juillet 2008 à 22:25 GMT+2 dans article de presse (article, RSS)










