Lundi 12 Novembre 2007
LYNDA LEMAY À L'OLYMPIA un public conquis
Par a-b-c-lynda-lemay, Lundi 12 Novembre 2007 à 21:37 GMT+2 dans article de presse
Manon Guilbert Le Journal de Montréal 12-11-2007 | 12h40
Pour la 41e fois, Lynda Lemay montait vendredi soir sur la scène de l'Olympia, où elle a célébré (DVD à l'appui), lors de son 40e passage, ses 40 ans. Mais malgré ces nombreux spectacles, la salle demeure pour elle le lieu mythique dont plusieurs de ses idoles ont foulé les planches avant elle. Plus rayonnante que jamais et à l'aise devant un public bigarré composé d'adolescents, de jeunes adultes et aussi de têtes grises, Lynda Lemay a non seulement relevé le défi théâtral, mais aussi, de toute évidence, conquis profondément le coeur des Français.
Avec elle, ils ont signé un pacte de fidélité. Il faut les entendre lui donner la repartie pour comprendre qu'ils l'ont définitivement adoptée comme l'une des leurs.Il faut dire qu'elle a un charme fou, une dégaine désarmante qui font qu'on laisse bien vite ses soucis à l'écart en l'écoutant psalmodier ses petites histoires tirées du quotidien. Lynda Lemay a les mots pour le dire et de plus en plus le bagout pour les faire résonner.
Sous le couvert de l'humour, elle laisse filtrer les réflexions sur les pires travers de nos contemporains. Elle ne s'empêtre pas dans la langue de bois. Cette franchise à la bonne franquette a, c'est palpable, un effet certain sur ses amis français.
C'est signé......................Lynda Lemay signe ce spectacle qu'elle intitule Ma signature. Guitare, basse et une touche de piano pour une ou deux chansons suffisent à jeter les couleurs de l'intimisme sur cette soirée. Vêtue de leggings et d'un long tee-shirt empruntés à la collection de vêtements de son idole et maintenant ami Johnny Hallyday, Lynda Lemay ne joue pas d'autre carte que celle de l'authenticité et, devant cette simplicité, personne ne résiste.
Inceste, adultère, adoption et retrouvailles, suicide, maladie, vieillesse, aucun sujet ne résiste au tabou. Avec une aisance désarmante, elle les aborde sans crainte de déplaire. Utilisant toutes les entourloupettes de la langue, elle fouille dans tous les sens. Et de plus en plus, appuyée par ses musiciens Yves Savard et Marco Savard, elle enrichit sa prose par des musiques qui ne tiennent pas le rôle d'accessoires.
Lynda Lemay affiche aussi avec fierté son origine québécoise. Avant le lever du rideau, on l'entendra donner dans un joual bien étudié les consignes de ne pas fumer, d'éteindre les téléphones. Elle y va fort et le public s'amuse avant qu'elle redise les mêmes consignes dans un français châtié.
Tout au long de la soirée, elle rappellera d'où elle vient. Ses parents sont présents dans la salle, elle transmet ses salutations à Charles Aznavour, qui lui a donné sa chance au moment où il l'a vue chanter La Visite à Montreux, et elle s'éclipsera même un moment pour laisser la place à une amie, la chanteuse Marie-Claude Petit, anciennement du Boogie Wonder Band, qu'on applaudira longuement.Lynda Lemay a signé un contrat d'amitié avec le public français, devant lequel elle revient régulièrement. Il n'y a qu'à voir le nombre de fans qui l'attendent à la sortie pour comprendre qu'elle n'a rien d'une étoile filante.









