Mardi 31 Juillet 2007
Prendre son public par le coeur
Par a-b-c-lynda-lemay, Mardi 31 Juillet 2007 à 15:04 GMT+2 dans article de presse
![]()
Prendre son public par le cœur
PALÉO 2007 | 00h03 Retour de Lynda Lemay sur la plaine de l'Asse. En toute complicité. Et en un vendredi soir béni des cieux, pour Inna Crisis également.
ODILE MEYLAN | LYNDA LEMAY Hier soir, la Québécoise a illuminé la Grande Scène de Paléo. Une présence et un charisme qui forcent l'admiration et le respect. Dans le public se trouvait le quatre millionième spectateur du festival... NYON, LE 27 JUILLET 2007
Elle est toujours impressionnante, cette marée humaine, vue du bas de la grande scène. Hier soir, ils étaient au moins 30 000, sous le ciel bleu, vers 21h15, à saluer l'arrivée de Lynda Lemay. Dont le quatre millionième spectateur de Paléo, depuis le premier festival en 1976!
Tout le public ou presque, à cet instant, rien que pour elle! Seule sur ce vaste plateau, accompagnée par deux guitaristes, Yves et Marco Savard. A peine quelques notes, et l'histoire d'amour entre la Québécoise et son public pouvait redémarrer. Au quart de tour. Comme si c'était hier. Comme on retrouve une amie d'enfance, même après une longue absence. Il suffit d'un regard pour que le feu redémarre, que s'échauffe à la seconde une complicité qu'on veut croire éternelle. Et qui le sera sans doute.
Elle est toujours impressionnante, Lynda Lemay, même en configuration aussi intime - du point de vue orchestral s'entend! Ce n'est pas rien de se retrouver face à pareille masse. Du moins, on l'imagine, toute vie d'artiste ne comporte pas forcément ce type de concert en plein air avec autant de monde! Elle est donc là, les jambes solides, la voix fluide et tonique, la tchatche féconde, comme si elle discutait avec ses voisins, ses amis. Nature, gouailleuse, tendre. Elle dirait certainement qu'elle a eu un peu le trac avant d'entrer en scène, mais cette présence, ce charisme, force l'admiration et le respect.
Un miroir offert
Des histoires, Lynda Lemay en a des centaines à raconter. C'est son répertoire, sa marque de fabrique. Vingt ans de carrière, dix albums et un nouveau en novembre: le métier est là, pas la routine. Pour beaucoup, dans sa façon de raconter la vie, l'amour, le couple, la famille, les enfants, c'est comme si c'était un miroir d'une exemplaire pertinence, avec ce qu'il faut d'imaginaire pour pimenter la réalité. Elle a le don de mettre en chansons ce qui fait le quotidien de tous, ces petits riens qui font un tout si fragile, si beau, si possible.
Des rêves, oui, mais aussi du très concret qui, mis en musique, trouve une poésie touchante ou malicieuse, qu'il s'agisse de vitupérer contre «le talent de betterave» d'un fils tant aimé hélas devenu mime, de déplorer les absences de médecins de garde partis au golf, ou d'implorer d'être prise dans les bras de ceux qui nous manquent ou nous portent.
A l'heure où ces lignes sont écrites, Lynda Lemay n'en finissait pas, elle, de prendre son public par le cœur.
http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/culture/culture_detail/(contenu)/112968









