Lundi 5 Mars 2007
RECITAL. Lynda Lemay joue la proximité article LE PARISIEN
Par a-b-c-lynda-lemay, Lundi 5 Mars 2007 à 17:14 GMT+2 dans article de presse
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Paru le : 02/03/2007
RECITAL. Lynda Lemay joue la proximité
La chanteuse québécoise, qui fait halte quatre soirs à l'Olympia, chante toujours les soucis du quotidien avec la même justesse. Que ses textes soient gais ou mélancoliques, son public s'y retrouve, séduit par sa verve et son naturel.
« Je suis là jusqu'à la dernière personne qui réclame une dédicace »
Avant cela, il y a la traditionnelle séance de dédicaces, que les fans attendent après le spectacle. « Je suis là jusqu'à la dernière personne, explique la chanteuse. Je me rappelle l'avoir fait en tant que spectatrice pour Luc de La Rochellière.
Et moi, j'avais attendu que tout le monde soit parti pour lui demander un autographe parce que j'étais timide. C'est juste une question de respect. Et depuis mes débuts, je ne me sens pas changée. »
Dans le langage fleuri de nos cousins d'outre-Atlantique, Lynda Lemay « capote » encore de tout ce qui lui arrive. Comprenez qu'elle « savoure » le succès. Elle se souvient de ses débuts parisiens au Sentier des Halles, puis de son passage dans le minuscule Européen à moitié vide. En avril, elle reviendra à Paris pour faire son... 40e
Olympia. Presque un marathon, à l'image de ce nouveau spectacle de pratiquement trois heures. Trop long ? Non, car c'est justement ainsi que son répertoire fait mouche, quand elle se présente entourée seulementde deux guitaristes, débarrassée d'une grosse cavalerie de musiciens.
Une écriture en dentelle
Il n'y a qu'à se poser, écouter et apprécier une écriture en dentelle comme celle de « Ma chouette », hilarant récit d'accouchement. « Le Mime », nouvelle chanson extraite de son dernier disque, où une mère se désespère du sort de son fils « trop con pour être clown, il fallait qu'il soit moins », a déjà tout d'un classique. Dans ce registre, la chanteuse-auteure reste imbattable. Même chose lorsqu'elle se lance, avant « les Souliers verts », dans une digression sur les chaussures, miroir de leur propriétaire, notamment les mythiques Scholl dans lesquelles
on reconnaît « une ancienne religieuse défroquée sur le tard, qui revient de cure et soigne ses oignons comme elle peut ».
Et puis il y a le versant mélancolique, triste, voire carrément noir, quand il s'agit d'évoquer la misère sociale (« Sables mouvants »), le divorce (« le Traité de solitude ») ou l'indifférence familiale de « la place au sous-sol ». Le public reste en empathie totale avec l'artiste. « Je suis assistante sociale et cela me renvoie vraiment à des choses que je vis au quotidien, soutient Sophie, une Lyonnaise de 23 ans. Elle raconte la vie de tous
les jours justement, drôle ou pas, que ce soit la maternité, le dentiste ou le coiffeur. C'est toujours très vrai, très proche de nous. Son écriture est systématiquement dans le non-jugement. C'est tout simplement humain. »
Emmanuel Marolle









